mercredi 20 août 2008
Harder, better, faster, stronger.
Car, il faut l'avouer, personne, si tant est que l'on ne boycotte pas les JO pour une raison ou pour une autre, ne peut rester complétement insensible aux incroyables performances sportives des Bolt ou des Phelps. C'est dire si le culte de la victoire s'est installé bien profond en chacun de nous : oubliés les deuxièmes, troisièmes et autres perdants : seul le gagnant obtient véritablement sa part d'éternité et la reconnaissance du public ébaubi.
La performance. Elle chasse presque la victoire. Occultés les anciens recordmen déchus, pourtant adulés en leur temps. Désuètes les statistiques vieilles de 5 ans. Qui se souvient encore de Georzlkeh Kjoorik ? Personne. Tordoekj Saczeb ? Nul n'en parle plus. Pour la simple et bonne raison que quelqu'un d'autre a pris leur place, leur volant leur part d'éternité, purement et simplement.
L'être humain se souvient du gagnant, du record, mais seulement jusqu'à une nouvelle compétition, un nouveau podium, une nouvelle performance. Pour résumer, il encense à la fois l'éternité, tout en étant profondément immergé dans l'éphémère le plus total. Le sport est une décalcomanie grossière des moeurs d'aujourd'hui, plus amusant qu'un livre de Pierre Bourdieu, plus glamour qu'un discours de Max Gallo.
Le sportif c'est vous, c'est moi, c'est celui qui aspire à se démarquer des autres, c'est celui qui désire l'éternité, comme l'aurait dit Platounet. Le titre olympique, c'est ce lave linge 8 programmes que tu as convoité tant d'années lecteur, avant d'enfin pouvoir te l'offrir, piochant grassement sur ton compte épargne. Le record, c'est ce lave linge 9 programmes beaucoup plus perfectionné, donc must have, qui rend malheureusement l'objet de ton désir tout à fait obsolète.
Le sport, lecteur, c'est toi, c'est moi, c'est l'alternance de l'éternité et de l'éphémère autour de ce qui nous meût : le désir, sans cesse renouvellé, chassé.
Bien à vous.
...
"Et tu crois que c'est avec ça que tu vas me persuader que regarder la finale du 400m est plus intelligent que d'avancer ta dissert de philo ?"
dimanche 20 juillet 2008
It won't be long.
L'avant Garden Nef Party 2008 :
Cool : Ma nouvelle casquette-béret est vraiment trop classe. Mon MacBook est vraiment trop classe.
Pas cool : Je ne pourrais pas les utiliser dans l'amphi d'un des 6 IEP ou dans celui de Paris (du moins sans passer le concours)
Garden Nef Party 2008 :
Un concert : Iggy and The Stooges. Magnifique. LA rock'n'roll star. 1h30 de déhanchés lubriques et de contorsions sacadées. Une foule en délire. 60 personnes du public sur la scène. I WANNA BE YOUR DOG
Un morceau : Genesis en ouverture du concert de Justice. Beau.
Un groupe : The Hives pour leur énergie communicative. Ca met de bonne humeur et ça donne la patate même avec 3h de sommeil dans les jambes.
Un top : La rappeuse-mixeuse-chanteuse Peaches dans un DJ set bien déjanté avec champagne, combi moulante dorée et assistante malsaine genre call girl à 1000 euros. Putain de présence scénique. Ca c'est du DJ.
Des flops : 1) Déception pour le concert des Kills. Guitare trop saturée, froideur scénique, Madame est canon mais malheureusement... pas vraiment ROCK N ROLL
2) Ces sales petits merdeux pédants de BB Brunes qui se prennent pour des vraies stars en s'incrustant dans les concert de leurs ainés. Genre on chauffe la foule. Mais ils ont pas compris que la foule les huaient.
3) Le plus gros bad du festoche : Simian Mobile Disco annulé. Soit 33% de la raison de ma présence qui s'en va.
Un coup de coeur : Alison Machin la moitié des Kills. Canon. Et aussi DJ Moule, pas canon mais mixer les Chemical avec Iggy Pop, ça le fait.
Un coup de gueule : La bière à trois euros et le kebab à 8. Bande d'enculés.
Une image : Iggy Pop qui fracasse son pied de micro contre la scène sur I wanna be your dog. Iggy Pop qui fracasse son nouveau pied de micro contre la scène sur I wanna be your dog. Iggy Pop qui fracasse son micro sur la scène et qui copule sur l'ampli. Iggy Pop. Iggy Pop.
La boulette du week-end : perdre son étui à lunettes. Avec ses lunettes dedans. D'une manière inexpliqué. Vite oublié : l'alcool, ça sert aussi à ça.
Alcool, drogue, et imitation de Daniel Balavoine en direct. Le camping à 8 euros, ça sert aussi à ça.
L'après Garden Nef Party :
Cool : Plenitude spirituelle. Des images plein la tête. Heureux. Rendez vous l'an prochain !
Pas cool : Les oreilles, comme les yeux, et le corps en général, ont pris chers. Plus de lunettes.
Sur ce, je vous quitte par un : YEAAAAAAAAAAAAAH !
P.S. J'aurais bien mis des photos et tout mais je sais pas comment on fait pour prendre l'URL d'une image sur un Mac --'. quel bordel.
KISSOUS
mardi 15 juillet 2008
I'm a hustler baby
Ai passé les concours des IEP de province, de manière fort peu brillante.
Ai dormi dans des hôtels de seconde classe.
Ai rencontré des connards égocentriques encore plus égocentriques que moi. (mais non je rigole en fait ils étaient cools. Un peu autistes mais cools)
Me suis levé beaucoup trop tôt.
Eu mon bac, bien petitement.
Ai fait des heures et des heures de voyages exténuants.
Ai mangé des tas de sandwichs. Et des sodas.
Me suis fait avaler ma carte de crédit de manière fort peu juste. Sans déconner j'étais pas au courant qu'on avait un nombre d'essai limités pour retrouver son code. La prochaine fois j'achèterais un cocker. Genre comme dans la vieille pub tsais. Sisi elle passait au cinéma. Sisi. Allez tagueule.
Ai visité des tas d'endroits.
Me suis baigné, ai bronzé, ai lu, ai mangé et abusé de mon corps de manière fort peu licite (non, je ne parle pas de trafic d'enfants thaïlandais. de toute façon l'été c'est jamais le bon plan) etc.
Ai tenu mes résolutions sportives pendant 5 jours. Ce qui reste une belle performance.
Ai dégonflé puis regonflé mon porte feuille.
Ai enchaîné les restaurants de manière écœurante.
Ai passé 10 minutes à essayer de faire marcher un robinet de toilette dans un nouveau TGV sans y arriver. J'ai tout essayé, sans succès, je suis donc resté les doigts pleins de savon et de résidus de peaux mortes génitales pendant une heure.
Cette phrase est vraiment trop jolie, j'y touche plus.
C'est tout.
Pour le moment.
mercredi 2 juillet 2008
J'aime ces regards que tu jettes sur moi. Car je ne suis pas celle que tu crois.
The first question you wonder, you, ô wonderful reader of my distracted written work, is, obviously : But why they, or at least he, is fuckin' gonna die ?
And, I would tell you the answer is easy to find. I give it to you in several points. Here is the data :
History :
1) In my last "terminale" school year, I maked two essays. Including the "Baccalauréat", as our French friends love to say. Seems to be a little insufficient to pretend manage a good stuff in the Hexaconcours, isn't it ?
2) I belittled - no, I totally fucked up* - the importance of economic and sociologic history. No, It's not true. In reality, I can't stand to read pages and pages of soporific figures of economic growth and percentages of televisions posts for a family in Bangladesh on 1963. You know ?
3) I have never learned how to manage my time. I often finish my last essay's part in the last ten minutes, without a "reread" time.
4) I have never learned how to make a good essay. My last marks are 9 and 10.
5) Do you really want a 5) ?
"Contemporary issues" :
1) Well, it's easy to sum it up : I can't stand to talk about ecology. So, read a good essay on it will be tough.
English :
1) Well, I think my whole article can easily prove my woe English level.
That, is the right hand.
On the left hand, we are 9000 to pass the exam. In this 9000, 4500 have never open a book of their life. In the last 4500, 2000 don't know plenty of knowings don't "make all the work". 1100 people will manage the exam. So, by figuring it out, we have a ratio of 1100/2500 = 0,44.
SO I HAVE 44 PERCENT CHANCES TO BE TAKEN !!! THIS IS FUCKING HUGE !
BLIMEY ! ... So... :
Exam's spirit power.
* When I can't find my words, I prefer to write "fucked up", or "god dam", because it's the kind of words you can use everywhere with everybody to get everything. So let's god dam fucking up.
La semaine prochaine, dans mon exploration de l'égocentrisme et de la vacuité humaine la plus totale, je tenterais un exposé sociologique sur l'émission Secret Story, de TF1, d'ici là, je m'en vais face à mon destin.
Alors comme le dirait ce bon vieux Valéry :
dimanche 29 juin 2008
Bonjour soleil.
HHHEEEEEEY ouais c'est bien votre dévoué serviteur, plus cynique et pragmatique que jamais, revenant pour vous compter ses mémoires de bachelier, de concourreur, et de vacancier en devenir. Et dieu sait si ça va (pas) sentir le sexe ! Tout d'abord je tiens à (ne pas) m'excuser pour cette interruption momentanée des articles d'une durée précise de deux mois, j'ai en effet subi une greffe de coeur qui m'a quelque peu restreint les mouvements.
MAIS PASSONS. Passons passons. Je peux déjà sentir votre esprit émoustillé à l'idée de goûter à nouveau à ce délicieux élixir fruité qui n'est autre, en réalité, que ma prose affûtée. Je vous rassure, ça le fait à tout le monde, c'est très passager, ça s'enlève après un Marc Lévy. Sur ces autocongratulations onaniste, embrayons sur quelque chose d'autrement plus intéressant qu'un vulgaire sujet philosophicopolitique comme, par exemple, le TRUCHEMENT d'élections au Bakouland du Sud, ou l'investiture démocrate tant attendu de Margaret Thatcher, pour se consacrer à ce qui, en réalité, importe vraiment : MA VIE.
HHEEEEEY OUAIS, j'avais pourtant dis que je ne parlerais pas de moi, mais, après deux mois de silences radios par manque d'inspiration, je me suis dit que tout ça irait sans doute beaucoup mieux si je tirais l'inspiration de ma vie ACTUELLE qui est, disons-le, assez mouvementée, et riche en EMOTIONS.
Humour.
Bien au contraire, ma vie, dernièrement, est atroce. Prenons par exemple, le Bac. Bon. Ce serait un euphémisme d'affirmer que j'ai limité les dégâts. BIEN AU CONTRAIRE. Il serait plus juste d'affirmer que j'ai survolé les dégâts de mes ailes majestueuse pour planter le drapeau de mon savoir sur la Lune tant convoitée de la Mention. Bref, passons.
Le susdit Bac déjà achevé, l'alcool et la débauche consommés (à noter un SUPERBE apéro chez notre prof de physique, qui n'est autre qu'un violeur d'enfant, en réalité), il est temps de reprendre ses esprits. Car, Ils approchent. Qui, Ils ? MAIS LES CONCOURS DES IEP DE PROVIIIIIINCE BIEN FUR.
Certes il y avait bien, environ 13 jours et demi moins un quart entre la fin du bac et le premier concours, largement de quoi réviser et d'être bien prêt avant LES DATES FATIDIQUES.
Alors, qu'ai je fait ? Je vous le donne en mille. Je viens de passer 10 jours de suite à réviser 8h par jour !
Là encore, humour.
La réalité est fort malheureusement moins chatoyante. Soleil aidant, les jours suivants le bac ont été placé sous le signe de la joie et de la bonne humeur, bien loin de ces préoccupations bassement matérielles que sont ces déferlantes de salopes psychopathes enfermés dans des crématoriums, que sont les concours. Autant dire qu'entre les chasse aux Juifs et les tortures de vieillards en maisons de retraite, la vie était plutôt chouette.
Fortuitement, à force de courir nu et d'agresser les enfants roux, en ville, sous un soleil de plomb, la peau a une réaction bizarre. Et fâcheuse.
Elle brûle.
A l'heure où je vous parle, les concours sont dans 4 jours. Je bosse depuis hier. Je suis en train de louper tout ce qui se fait de fun sur Terre. Et, par dessus tout, je marche comme un manchot, les bras collés le longs du corps, car quand je les lève, j'ai mal. Alors, ces derniers temps, j'ai l'esprit acide et acerbe, et j'ai tendance à compenser en regardant des trucs supers chouettes à la télé. Notamment Secret Story.
Mais c'est une autre histoire.
Ce billet me semble atteindre l'apogée de la vacuité blogosphérique. Il est vide de sens et de contenu. Mais passons.
CHERCHE FEMME MATURE SUR POITOU CHARENTES POUR PARTIES DE PETANQUES ET PLUS SI AFFINITES. AU FAIT, CEST MA FETE.
Les plus malins d'entre vous aurons repéré le message caché, véritable contenu de ce billet.
Bien à vous, André Rieu.
mardi 29 avril 2008
Baise les gens.
A ce moment là des gens vont me dire que le mot antanamagoropée n'existe pas et je leur demanderais de m'expliquer en quoi est ce que ce mot n'existe pas, est ce que ces gens là existent, eux même, à ce moment là ?
Est ce que le fait qu'il ne soit pas reconnu par une juridiction genre l'académie française, tu sais, l'endroit où on énucle des enfants de 6 ans par la trachée en chantant Sheila, vient enterrer tout son potentiel linguistique ?
Non mais je vous le demande. Est ce qu'on a toujours besoin d'une instance supérieure qui vient jouer son rôle d'instance en décrétant ce qui existe, ou pas, ce qui est bon, ou pas, ce qui mange des lampadaires, ou pas, ce qui est un Papou, ou pas ?
Personnellement j'en sais rien, et j'ai envie de vous et de m'épargner 100 lignes d'élucubrations spongieuses et masturbatoires sur à peu près tout.
Allez vous faire foutre.
Mais pour faire une transition choquante et croustillante sur ces parnomaphorites post-méta-physico-cynique, s'il est bien une chose qui n'existe pas, c'est bien le cercueil de Pascal Sevran.
Oui, oui, Pascal Sevran, celui qui faisait Morning Live il y a deux ans ! Eh bien figurez vous que (on me dit dans mon oreillette que Pascal Sevran n'a jamais présenté le Morning Live, il s'agissait bien sur de Bernard Kouchner, toutes mes excuses pour cette corrélation abusive quoique compréhensible) pas plus tard que pas longtemps (21 avril), la rédaction d'Europe 1 a annoncé en direct la mort du susdit quidam (pas Kouchner, Pascal Sevran).
En fait, l'annonce de cette fausse mort est dûe à la hate de JP Elkabach, le patron d'Europe 1, qui a ordonné aux rédactions des différents journaux d'annoncer l'information, sans prendre la peine de la vérifier au préalable. Bien sûr, JPE, dont la réputation de sarkophile se teinte maintenant de celle d'une pute à la course du sensas, a démenti sa seule responsabilité dans l'affaire, mettant en cause la rédaction d'Europe 1 etc. etc.
Bon. Il se trouve qu'en réalité, et comme on pouvait s'y attendre, JPE est le seul responsable de ce faux-canular, et qu'il devra répondre de cette accusation devant une espèce d'institution de discipline audiovisuelle (genre le CSA). D'où cette petite perle du patron d'Europe 1 :
"J'assume personnellement la responsabilité d'une erreur collective".
Merci, JPE, pour cette leçon de journalisme et de maturité.
M'enfin finalement, on ne pas vraiment en vouloir à JPE, puisque l'annonce de la mort de Pascal Sevran était finalement plutôt bénéfique à l'humanité entière.
Souvenez-vous, Pascal Sevran, l'indéboulonable hystérique du dimanche après midi sur France 2, le Nikos Aliagas des maisons de retraites, le conservatisme en chantant, est au moins aussi connu pour son égo démesuré que pour ses déclaration à l'emporte pièce ya pas si longtemps :
"La bite des Noirs est responsable de la famine en Afrique."
« C'est la vérité, l'Afrique crève de tous les enfants qui y naissent sans que les parents aient les moyens de les nourrir. Je ne suis pas le seul à le dire. [...] J'écris ce que je pense, si des gens bien au chaud dans leur certitude ne supportent pas d'entendre ça ; oui, il faudrait stériliser la moitié de la planète ».
Ach, et zurtout les JUDEN ET LES HANDICAPES. Non mais c'est vrai il a pas tort, stériliser la moitié de la planète c'est résoudre pas mal de problème actuels lié à l'augmentation de la population mondiale.
En voilà un qui, décidemment, aurait mieux fait de mourir en ce Jeudi 21 Avril 2008.
Je vous love et vous incite à écouter le Klub des Loosers.
La prochaine fois je vous parlerais de ce charmant père-grand père de famille Autrichien.
jeudi 20 mars 2008
Pan dans taggle.
Et du coup, quand je me force à écrire, comme là par exemple, y'a tellement de mot qui veulent sortir que ç'en devient verbeux, lourd, et pratiquement illisible.
Mais allez tous vous faire foutre, bien profond parce que si je suis pas lourd ici, où je le serais ?
Voilà, ce sera tout, j'avais juré de pas parler de moi pourtant.
Sinon, face à l'augmentation incroyable de tueries dans les lycées et universités Américains, la procureure de je sais plus quel Etat de merde (le Dakota ou une gerbe comme ça) à eu une idée très originale.
En effet, s'il y a tuerie, c'est qu'il y a arme à feu à la base. Donc port d'arme à feu par le tueur.
L'inconvénient du corps humain c'est qu'il est très vulnérable face à une arme à feu. Dans le sens où se recroqueviller en position foetale n'est pas très efficace quand on se fait trouer par les balles.
Pour remédier à cette révoltante faiblesse du corps humain, trop vulnérable pour survivre face à la détermination meurtrière d'un psychopathe néo-Hitlérien, Mm. J'ai des bonnes idées (appellons là comme ça) à eu une très bonne idée, et je vous en fait part :
samedi 15 mars 2008
Prosélytisme
Prosélytisme
Au début je m'attendais pas à ça, enfin je m'attendais à rien vu que j'attendais personne pour ce soir 19h30, heure à laquelle ma sonnette sonne. Forcément je vais ouvrir la porte avec mon Ipod crachant un truc binaire dans mes oreilles, j'attends personne, j'ai pas à être poli ni présentable ni quoique ce soit qu'ils aillent se faire foutre. L'espace d'une seconde je me dis que c'est peut être un psychopathe nécrophile qui passait dans le coin pour me dire bonjour mais cet espace arrive toujours après le geste de tourner la poignée. Et là, pétard mouillé c'est pas le facteur ni Freddy Kruger mais juste un mec mal rasé maigre rachitique petit insignifiant et au final terriblement banal qui est en train de se tortiller les pieds sur le goudron en tenant des prospectus. Je calcule rien je dis bonjour vous êtes qui le mec me réponds pas il me tends -non, il me jette, il se débarrasse d'- un prospectus en baragouinant un truc du genre jsuis là pour un méga événement. Moi je regarde l'affiche vite fait, le truc méga classe avec des belles couleurs trop stylées dans les ton orangés. Pendant deux secondes je me dis que c'est des stagiaires du nouveau CGR MEGA CINEMA qui vient d'ouvrir qui m'invitent à l'avant première d'un film de Mel Gibson sur la Passion du Christ. Avant de me rendre compte que j'ai affaire à un putain de Témoins de Jéhovah. J'ai jamais eu de rencontre avec une secte de ma vie et celle là s'annonce plutôt brève puisque le mec s'en va déjà prospecter les autres maisons les épaules rentrées et la démarche fatiguée, grise et soumise.
Alors je sais pas ce qui me pousse à engager la conversation, sans doute le désir malsain et ironique de m'épingler ce cadavre ambulant lobotomisé.
- Ah ouais, c'est bien ça !
Le mec se retourne et je lis l'espoir dans ses yeux, comme si j'étais le premier de la journée à lui formuler un avis positif sur ce qu'il m'a donné, comme si j'étais une goutte de Destop dans un univers bouché par de la merde, bref, comme si j'étais un portefeuille potentiel. Et là j'ai compris que ce mec était rien d'autre qu'un pauvre oiseau perdu dans une forêt trop grande et trop sombre pour lui et qu'il était en train de se faire aspirer et pomper de tout son être par la machine à broyer les gens dans laquelle il s'était consciemment engagé. J'ai compris qu'il n'était qu'une sous merde parmi les autres sous merdes, uniquement destinés à aller distribuer des merdes en sonnant chez les autres gens. J'ai compris que ce pauvre gars avait cru trouver une solution à tous ses malheurs en toquant à la porte de cette secte, que lui aussi avait été un jour séduit par un prospectus comme celui que je tenait dans ma main, peut être le même, présentant un Christ immaculé et serein et vantant tout l'amour qu'il peut apporter. Un oiseau tombé du nid se tenait devant moi. Je pouvais pas faire autrement que de l'inviter à entrer. Juste boire un thé. Parler un peu. Comprendre pourquoi il en est où il est. Rien de plus.
Je lui ai proposé du Yunnan, mon meilleur, celui qui requinque, le pauvre en avait bien besoin, lui le moineau écorché et penaud. Alors il a commencé à me parler, me raconter sa vie, comment il est rentré dans les Témoins il y a 1 an, après avoir perdu son boulot et sa copine, qu'il avait pas de famille, pas d'amis... Bref, le fantôme total qui avait besoin d'un truc pour se sentir exister et que ce truc était en l'occurrence une secte. Ce mec m'attendrissait et je lisais la sincérité dans son regard apeuré. Finalement, je me suis dit que j'allais lui acheter un truc, pas grand chose, une Biblounette ou un Manuel d'éveil de l'Amour Supérieur en promotion, mais un petit machin, histoire qu'il ait pas complètement perdu sa journée. C'est ma nature compatissante, j'ai jamais pu m'empêcher d'aider les gens. Alors je lui demanda ce qu'il avait a me proposer. Un sourire se dessina sur son visage.
Et là j'ai compris. Et lorsque le poignard s'est planté dans mon corps, j'ai attendu la mort en regardant le visage de son messager. Un visage malade et inhumain, qui ne savait pas sourire mais uniquement faire un rictus sadique en se délectant de la terreur surprise de sa proie. Un psychopathe.
Nous n'avions été que deux inconscients. Mon Ipod et moi.